Présentation

Les héros de BD tels qu' Alix, Tounga, Toumac, et même Bob & Bobette vous emmènent à travers le monde de la préhistoire.

Les images de cette période véhiculées à travers la BD sont, à l'occasion de l'exposition, confrontées aux données archéologiques.

Dans la BD, il arrive que le dessin soit fidèle à la vision du préhistorien, mais plus généralement, l'illustrateur ne vise que l'aspect humoristique et/ou visuel d'un récit en s'écartant considérablement des données scientifiques.

Du point de vue scientifique, les connaissances actuelles sont présentées et exposées sous forme de copies de pièces originales et de maquettes… Ce matériel didactique est fidèlement reconstitué d'après des documents archéologiques, dans des matériaux identiques et selon les techniques anciennes.
Des vitrines semi-ouvertes permettent aux visiteurs individuels de toucher les outils, les vêtements, les armes et armures...

Lors des visites accompagnées par un archéologue, le visiteur peut même porter les équipements ou encore essayer d'allumer du feu…

Les textes sur les panneaux de l'exposition sont bilingues français/néerlandais.

Un coin lecture est aménagé pour les mordus de BD.


Cette exposition a été conçue par le Provinciaal Archeologisch Museum van Zuid-Oost-Vlaanderen – site Velzeke - en collaboration avec le Centre de la BD de Bruxelles, le Musée du Malgré Tout de Treignes et l'asbl Archéologie namuroise.

Elle est présentée à Namur par le Service de l'Archéologie du M.R.W. en province de Namur et l'asbl Archéologie namuroise.
Sept thèmes sont explorés dans cette exposition :

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L'image de l'homme – l'évolution humaine
- La chasse
- Le feu et la pierre
- La tenue vestimentaire et la parure
- L'habitat
- La guerre
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Les cultes et les sépultures
- L'image de l'homme – l'évolution humaine

Le regard de l'illustrateur :

Dans la BD, nos ancêtres ne sont pas toujours présentés comme des barbares.
Le héros est souvent un beau jeune homme blond et musclé (suivant les canons de la beauté d'aujourd'hui). En revanche, le corps de son ennemi est poilu et massif. Il s'en dégage une allure d'attardé cruel et agressif. L'homme moderne et intelligent (Homo Sapiens sapiens) est en quelque sorte confronté à un ennemi stupide auquel on prête les traits d'un Néanderthalien.
Quant aux gaulois, ils sont souvent représentés comme des êtres bagarreurs, joueurs et buveurs de bières (cfr. Bob & Bobette).

Les connaissances scientifiques :

L'évolution humaine est décrite à l'aide de six moulages de têtes :
l'Australopithèque, l'Homo habilis, l'Homo erectus, L'Homo Sapiens neanderthalensis, l'Homo Sapiens "archaïque" et l'Homo Sapiens sapiens.
- La chasse

Le regard de l'illustrateur :

Tounga se bat contre un Tyranosaurus à l'aide d'un tronc d'arbre. Cette image est tout à fait irréaliste. Les dinosaures ont disparus depuis plusieurs millions d'années lorsque l'homme fait son apparition sur terre.
Dans la BD, l'homme passe sa vie à chasser diverses sortes d'animaux tels les mammouths, rennes, chevaux…Les armes de chasse sont parfois décrites avec beaucoup de précision. L'usage de pièges et la pratique du rabattage pour attraper des proies de grandes tailles sont souvent illustrés.
L'homme est aussi un agriculteur et un éleveur. Quant au Celte, il apprécie la chasse au sanglier.

Les connaissances scientifiques :

Le crâne d'un mammouth placé à côté de celui du renne met en évidence la différence de taille existant entre ces deux animaux. Leur chasse devait aussi être bien différente. La chasse systématique aux grandes proies est actuellement remise en question.
Des armes de chasse peuvent être employées : lances avec pointe durcie au feu, avec pointe en silex, propulseur, harpon dentelé en os, arc et différents types de pointes de flèches.
L'homme adapte son alimentation à partir du moment où il se sédentarise. Une faucille en silex et une meule sont des témoins de cette évolution. La chasse devient plus rare. La comparaison d'un squelette de porc avec le crâne d'un sanglier illustre par exemple les effets de la domestication.
Chez les Celtes (Gaulois), l'importance accordée à la chasse au sanglier dans certaine BD (Astérix) est par ailleurs démentie par les recherches archéologiques
- Le feu et la pierre

Le regard de l'illustrateur :

L'importance du feu est abondamment illustrée dans la BD. Maîtriser le feu est synonyme de pouvoir. Etouffer le feu de l'ennemi équivaut à lui porter un coup fatal.
Les diverses méthodes décrites pour produire du feu ne sont pas toujours très réalistes.
Le silex sert à allumer le feu mais aussi à la fabrication d'outils. "Toumac", par exemple, observe un groupe d'Australopithèques en train de façonner des objets en silex pour pouvoir dépecer une carcasse.

Les connaissances scientifiques :

Contrairement aux connaissances largement répandues, il est impossible d'allumer du feu en percutant deux silex. La "pierre de feu" est bien sûr nécessaire mais celle-ci doit s'utiliser avec un élément contenant du fer allié à du souffre ou du carbone (marcassite ou pyrite), voire avec de l'acier fabriqué par l'homme. La percussion d'un rognon de silex avec un nodule ferreux permet l'étincelle. Les étincelles provoquent le feu en tombant sur un combustible très sec (amadou ou roseau séché).
La méthode consistant à frotter deux morceaux de bois permet de produire une braise en créant un échauffement dans la sciure engendrée par le frottement.

Les premiers hominidés inventent des outils il y a plus de 3 millions d'années. Il s'agit alors de simples galets aménagés. Tout au long de l'évolution humaine,
l'homme va perfectionner la taille de la pierre pour réaliser ses outils.
- La tenue vestimentaire et la parure

Le regard de l'illustrateur :

Les illustrateurs habillent souvent nos ancêtres de simples pagnes et, pendant les périodes de glaciation, d'une vulgaire cape en peau d'animaux.
Dans les Chroniques de la nuit des temps, on observe les premiers tissus en lin.
Les Celtes sont souvent représentés vêtus d'un pantalon, d'une tunique et d'une cape. Les tissus sont ornés de motifs à carreaux ou à rayures.

Les connaissances scientifiques :

Etre correctement vêtu est une question de survie pour le chasseur-cueilleur.
Au Paléolithique et au Mésolithique, les hommes sont protégés contre les intempéries par des fourrures traitées et cousues avec beaucoup de soin.
Au Néolithique, les premiers agriculteurs portent, quant à eux, des ensembles en lin complétés d'une cape en peau de chèvre.
La création de vêtements appropriés en laine ne se rencontre qu'à partir de l'âge du Bronze.
Les Celtes maîtrisent parfaitement les techniques de tissage, souvent assez élaborées. Les tissus sont en effet ornés de carreaux ou de rayures de couleurs très vives.
- L'habitat

Le regard de l'illustrateur :

Les chasseurs-cueilleurs vivent dans des sites de plein air, des abris sous roches ou à l'entrée des grottes. Celles-ci sont bien distinctes des grottes ornées de peintures rupestres. Des villages néolithiques sont fidèlement reproduits dans la série des Chroniques de la nuit des temps . A l'âge du fer, on peut observer des villages lacustres et des huttes rondes inexistantes sous nos climats, à côté de reproductions de fermes conformes à la réalité de nos régions.

Les connaissances scientifiques :

L'habitat du Paléolithique est illustré par des photos d'abris sous roches et de campements construits à l'aide d'ossements de mammouths.
En ce qui concerne, les Celtes, ils n'ont évidemment pas pu côtoyer les mottes médiévales.
- La guerre

Le regard de l'illustrateur :

D'après les illustrateurs de BD, les chasseurs-cueilleurs passent leur vie à se battre à l'aide de gourdins et de haches. Ces images sont volontairement spectaculaires.
Des batailles aux poissons pourris amusent les Celtes (et les lecteurs d'Astérix). Les Gaulois sont en guerre permanente avec les Romains.

Les connaissances scientifiques :

Au Paléolithique et au Mésolithique, la structure même de la société rend les conflits territoriaux inexistants. Certains avancent que ce sont peut-être les périodes les plus paisibles de l'histoire humaine.
Tout change lorsque l'homme devient un agriculteur. La convoitise du sol attise les disputes. Des structures défensives s'établissent sur les collines, au Néolithique.
Les discordes entre tribus sont une constante à l'âge du Fer. La Guerre des Gaules est décrite par des auteurs classiques. Ces écrits sont à l'origine d'une image un peu déformée du Gaulois.
Des armes offensives (lances, épées…) et défensives (cotte de mailles, casque, bouclier…) sont présentes dans l'exposition et mettent en évidence l'art de la guerre.
- Les cultes et les sépultures

Le regard de l'illustrateur :

Le culte est un sujet fort populaire. Le cannibalisme frappe l'imagination. Les sacrifices humains sont souvent représentés dans la BD, toutes périodes confondues.
Des sites comme Carnac (F) et Stonehenghe (G.B.) servent de décor pour diverses formes de rituels. Les druides sont considérés comme des intercesseurs entre les hommes et les puissances surnaturelles.
Peu de BD mettent en évidence les rites funéraires. Qu'ils soient par inhumation ou par incinération.

Les connaissances scientifiques :

Aucun exemple de cannibalisme n'est connu des scientifiques. En revanche, les sacrifices humains ont existé même s'ils restent difficiles à interpréter.
Les peintures rupestres et les statuettes féminines sont les premières manifestations artistiques et sont peut-être liées à certains rites cultuels.
Les mégalithes sont des constructions datant pour la plupart du Néolithique récent et de l'âge du Bronze. Ils sont donc bien antérieurs aux Gaulois. Les dolmens servent habituellement de structures aux chambres funéraires. Ils sont alors cachés sous un tumulus.