Je ne veux pas écrire ici que les délais ou le système des recours sont des données accessoires mais à quoi pourraient servir des procédures bien huilées ou des délais respectés si les décisions rpises ne sont pas judicieuses?
C'est pourquoi, il me paraît impératif que l'article premier du décret soit mis en exergue, utilisé comme fondement de chaque permis d'urbanisme ou de lotir, rappelé au pouvoir politique lors de chaque adoption de plan communal ou de schéma de structure.
 
Ce premier article du décret énonce en effet quelques vérités incontournables, définit les objectifs majeurs de l'aménagement du territoire en Wallonie et instaure les instruments pour les rencontrer.
Le territoire wallon - 16.844 Km, 3.293.352 habitants - est un patrimoine commun de tous les habitants, c'est donc un bien collectif précieux, un héritage. Par conséquent ce sont les autorités publiques, et non les propriétaires, qui en sont les gestionnaires, et les garants, elles en assument la responsabilité.
 
Ce territoire peut être utilisé mais uniquement aux fins de rencontrer de manière durable les besoins sociaux, économiques, patrimoniaux et environne-mentaux de toute la population. Il s'agit là de la réaffirmation de la volonté politique d'inscrire la Wallonie dans le développement soutenable.
Pour rencontrer les besoins de notre société sans hypothéquer ceux de la société de demain, il convient, pour le législateur de gérer qualitativement le cadre de vie, d'utiliser parcimo-nieusement le sol et ses ressources, de conserver et de développer le patrimoine culturel, naturel mais aussi paysager.
 
Ces trois règles essentielles pourraient se traduire dans ces trois principes:
- structurer plutôt que laisser faire
- économiser plutôt que consommer
- s'intégrer plutôt que se distinguer.
 
Ainsi, si le responsable de société de logements rénove un logement au centre de la commune, si l'échevin ne cède pas aux sollicitations insistantes du promoteur qui veut installer son entreprise en zone agricole, si l'architecte conçoit une construction sobre, harmonieuse et belle, si la mère de famille va à pied chercher son enfant à l'école, si une autorité publique restaure un bien classé pour y faire une salle communautaire....
Bref si ces trois principes sont à toute occasion appliqués par chacun d'entre nous, fonctionnaires, citoyens ou mandataires, alors le décret du 27 novembre 1997 sera une bonne loi et le législateur aura réussi son pari d'une Wallonie attractive, pour reprendre les termes de la Déclaration de Politique Régionale Complémentaire.
 
Danielle SARLET
Directrice générale de
l'Administration de l'Aménagement du territoire, du Logement et du Patrimoine.
 
Début mai 1998, le texte du nouveau CWATUP sera disponible sur demande écrite, au Service des publications du ministère de la Région wallonne, c/o Didier Herman ou José Pairoux, rue des Brigades d'Irlande 1 à 5100 Jambes, fax 081/33 22 91. Prix: 300 BEF, à régler après la réception de l'ouvrage.
Le guide du candidat bâtisseur 1998 est disponible gratuitement sur demande au téléphone vert. 08001/1901 de la Région wallonne.
 
Monuments, sites et jardins
 
En août dernier, s'est éteint le professeur Raymond Lemaire, grande figure de l'Université Catholique de Louvain. Docteur en archéologie, professeur d'histoire d'architecture médiévale et moderne, il a introduit dans ses cours une dimension contemporaine et la notion de conservation du patrimoine architectural par sa valorisation. Urbaniste, son nom reste lié à la rénovation du Grand Béguinage de Louvain - une oeuvre couronnée par la grande médaille d'or de l'Académie d'architecture de France en 1970 - ainsi qu'à la création de Louvain-la-Neuve qu'il voulut conçue à l'échelle humaine. Les plus grands organismes inter
nationaux l'avaient associé à la préservation des trésors de l'humanité: Borobudur, l'Acropole, la tour de Pise, Jérash... Bien au-delà de nos frontières, il a étendu, par son art, son talent, sa connaissance, le renom de la Belgique. Qu'il soit rendu hommage à cet homme d'action, à cet humaniste, à cet homme de qualité.
 
Echos

 

Mise à jour de l'Inventaire du Patrimoine monumental de la Belgique, vol. 3,Ville de Liège. Depuis la première édition de 1974, le regard sur le patrimoine a changé, l'intérêt s'est élargi chronologiquement ( XIXe et XXe siècles) et typologiquement (architecture industrielle, habitations sociales, art funéraire, etc.). Ainsi, le Forum, rue du Pont d'Avroy, aujourd'hui classé et restauré, n'était pas repris dans l'édition de 1974. De plus, l'état des bâtiments a parfois changé durant toutes ces années (restauration, modifications diverses, démolition pure et simple, ainsi l'hôtel de Cortenbach, place Saint-Lambert). Ajoutons qu'un approfondissement est jugé aujourd'hui indispensable, telle la prise en compte des façades arrière, des bâtiments situés en second alignement, des éléments significatifs des décors intérieurs... C'est pourquoi la Région wallonne a chargé deux historiens de l'art de procéder à cette mise à jour. Tout renseignement susceptible de les aider dans leur tâche et de compléter les données de la première édition est le bienvenu et peut être adressé: Région wallonne, division du Patrimoine, c/o Bénédicte Dewez et Flavio di Campli, rue des Guillemins, 16/34 à 4000 Liège, fax 04/512 17 06.
 
Appuyé par la Fondation Roi Baudouin, un comité pour la restauration de l'orgue de l'église Saint-Jean Baptiste à Wavre s'est mis à l'ouvrage: les travaux (coût prévu: 4 millions) commencent début 1998 et devraient être terminés pour Pâques 1999. Un compte patrimoine a été ouvert pour encourager le mécénat des particuliers et des entreprises, le compte n° 000-0000004-04 de la Fondation Roi Baudouin, rue Brederode, 21 à 1000 Bruxelles (avec la mention expresse: Rénovation de l'orgue Saint-Jean Baptiste à Wavre). Les dons peuvent y être versés; à partir de 1.000 BEF, ils sont déductibles du montant des revenus imposables. Renseignements: Comité pour la restauration de l'orgue, place de la Cure, 23 à 1300 Wavre.